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Entrevue exclusive avec l'auteure
oeil et journal

Question : Cinq années se sont écoulées depuis votre premier livre.
Qu'elle est la raison pour un tel écart ?

Katia-Anne : J’ai simplement laissé aller les choses d’elles-mêmes. Je n’avais pas envie de précipiter quoique ce soit puisque j’ai appris, avec le temps, que le bonheur prend davantage sa source dans le chemin que dans la destination. C’est lors de la mise en page de mon premier livre que j’ai amorcé l’écriture
du second afin de m’aider à patienter jusqu’à l'aboutissement ultime, soit la distribution du livre en question.

Je dois aussi vous confesser que je suis toujours en mode observation face aux comportements humains.
Je peux passer une semaine à écrire à tous les temps qui passent et soudainement mettre mes réflexions au rancard pendant quelques lunes. L’inspiration fait un va-et-vient incessant, et sans forcer la note je récolte le fruit qui vient naturellement à moi.

Question : Pour les lecteurs qui ne se sont pas procurés votre premier tome et question de familiariser ceux-ci avec votre formule, pourriez-vous nous expliquer ce qu’est un aphorisme?

Katia-Anne : Un aphorisme est un mot savant que j’utilise rarement parce qu’on me pose sans cesse cette même question que vous me posez en ce moment.
Pour ma part, je considère que c’est une réflexion, un proverbe qui exprime une pensée ou une critique faisant le portrait d’un point de vue personnelle ou d’une vision que nous avons sur la vie.

 

Question : En parcourant votre dernier livre, on détecte une certaine sagesse par rapport au premier, qui était, avouons-le plutôt empreint de sarcasme. Pourrait-on conclure qu’il s’agit d’une suite logique au niveau d’un cheminement plus réfléchi et d’une maturité assumée ?

Katia-Anne : Je ne suis pas certaine d’être en accord avec vous pour ce qui concerne le sarcasme, je dirais même que je suis en parfait désaccord ! Je ne saurais vous dire avec un grand détachement si mon écriture ou mon âme gagne en sagesse, mais je suis davantage ancrée dans le moment présent. J’ai de moins en moins envie de plaire juste pour être comme les autres. J’assume ma façon de concevoir la vie et de percevoir le monde qui m’entoure. Je me donne même le droit d’être en désaccord avec mon propre opinion et de faire un 180 degré sur une idée ou un principe qui m’étaient chers parce que les temps changent et que je me considère en constante évolution. Je n’ai plus envie de marcher sur la corde raide, je m’imprègne de mes expériences et je mets en avant-plan mon intuition.



Question : Quelque soit le sujet, un auteur apporte toujours une part de son âme à ses écrits. À quel degré, pourrait-on dire en fait, que le contenu reflète vos expériences personnelles ?

Katia-Anne : La vie m’a servi son lot d’obstacles et de désagréments. J’ai souvent emprunté « le chemin le moins fréquenté » (comme le disait si bien le célèbre livre de Scott Peck). Je n’ai jamais cherché à être différente pour me distinguer de la masse mais simplement pour suivre ma nature initiale au prix de détourner les courants, lorsque je n’y retrouve pas ma trace. J’ai toujours cherché à démystifier les expériences offertes par la vie. Je me suis fait un devoir d’apprendre de chaque embûche et de ne jamais tomber deux fois dans le même piège.

Je crois sincèrement que j’ai eu la chance d’être envoûtée par cette foi aveugle en la vie. Malgré tous mes périples, j’ai toujours réussi à répondre à ma manière à mes questionnements, à survivre à mes angoisses les plus profondes parce que je savais que la vie (l’énergie universelle ou peu importe comment vous l’appelez) n’allait jamais me laisser tomber. Je n’ai pas toujours compris, sur le coup, pourquoi la vie me faisait d’innombrables jambettes, mais j’en suis arrivée, avec le temps et
le recul, à me créer ma propre philosophie de vie, qui me sert à ravir.

 

Question : Pourrait-on conclure dès lors qu’il décrit vos états d’âme au quotidien ?

Katia-Anne : Je vous dirais qu’il y a une grande partie de mon essence dans mes écrits au même titre qu’il y a des portraits pris sur le vif illustrant le quotidien des gens qui m’entourent, comme d’une multitude de formes d’art qui nourrissent à grandes doses mon imaginaire. J’emmagasine un échantillonnage d’idées et de concepts, que je garde au fond de moi, pour ensuite les coucher sur papier lorsque la cour est pleine.

J’irais même jusqu’à vous confiez que je ne dois pas devenir trop consciente des propos que je livre dans mes écrits parce que si je réalisais à quel point je me montre sous mon vrai jour, je n’écrierais plus rien et tout deviendrait calculé et filtré par la censure ou la peur d’être pris en flagrant délit de vulnérabilité.

Je sens parfois que le canal créateur est grand ouvert et que je suis en état de réceptivité. Il faut être alerte en tout temps pour être disposé à capturer ce que je pourrais nommer l’inspiration. C’est une denrée rare et quand elle se pointe le bout du nez il est fort souhaitable de lui laisser l’espace nécessaire pour jeter son dévolu.

 

Question : D’où vous vient l’idée d’écrire des aphorismes ? Pourquoi cette forme d’écriture ?

Katia-Anne : J’ai toujours été fascinée par les proverbes et j’irais même jusqu’à dire qu’il y en a certains qui ont complètement transformés ma vie, comme par exemple Saint-Exupéry qui a dit : « Ce pour quoi tu acceptes de mourir, c’est cela seul dont tu peux vivre ». Je trouve énormément de paix, de réconciliation et
de courage à travers ce genre de pensées. Je n’aurais jamais cru qu’un jour j’en serais porteuse. Le premier aphorisme m’est venu soudainement en tête, je l’ai pris
en note jusqu’à temps qu’un deuxième vienne me visiter beaucoup plus tard. C’est lors d’une retraite fermée chez les sœurs que j’ai été portée par la grâce et que
je me suis amusée à en faire encore et encore. Ce n’est pas moi qui prends leur chemin, mais les aphorismes qui viennent vers moi. La plupart ont ce merveilleux don de m’entraîner vers un deuil et une acceptation qui me réconcilient avec mes blessures et m’en libèrent même quelquefois.

 

Question : Est-ce que votre regard sur la société a changé depuis que vous prenez la vie au quotidien et que vous la formulez en réflexions ?

Katia-Anne : Oui, car les plus petits gestes ont pour moi une portée bien plus importante qu’auparavant. Je m’aperçois que des actions banales et quotidiennes sont bien plus révélatrices qu’on ne le pense. Je m’attarde à des petites choses qui en révèlent de plus grandes. Je saisis davantage l’importance de chaque interaction,
du sous texte de certains propos, de l’ouverture des gens, de la bonne et de la mauvaise foi… Je crois que mon regard s’attarde sur des comportements humains qui me fascinent et me terrifient à la fois et que je suis la première à me passer au peigne fin.

 

Question : La maison d’édition « Sur la pointe des pieds » semble être une création récente dans le marché. Qu'elles étaient vos motivations ?

Katia-Anne : Il y a maintenant cinq ans que j’ai créé cette maison d’édition. Je dois d’abord préciser que je ne publie que mes créations, du moins pour l’instant.
Je l’ai d’abord fait pour me sentir plus libre et plus autonome. Je suis de nature rebelle et auto suffisante. Je n’aime pas beaucoup attendre après quiconque pour prendre le chemin de mes rêves. Je ne voulais pas être victime de censure, de compromis ou même de laisser mes écrits entassés dans un fond de tiroir.
Je souhaitais battre de l’aile au gré de mes vents. Je voulais et je veux toujours être le chef d’orchestre de mes désirs et m’entourer de gens talentueux, intéressés
et stimulés par la même quête que moi. Je suis consciente que cela entraîne davantage de poids sur mes épaules, mais j’ai envie de donner la plus belle vie du monde à mes livres.



Question : Est-ce qu’on pourrait espérer entendre parler d’un 3è volume sous peu ?

Katia-Anne : J’ai beaucoup de difficulté à prévoir quoique ce soit à l’avance. J’apprends, au jour le jour, à vivre chaque instant au rythme de chaque respiration. J’ai découvert deux livres qui ont complètement chamboulé mon existence. Je suis en train de réapprendre à vivre et à reconsidérer ma vie sous un angle à la fois fantasmagorique et vertigineux. Vous devez absolument lire les deux bouquins les plus célèbres de Eckart Tolle « Le pouvoir du moment présent » et
« Nouvelle Terre ». Ceci étant dit, j’ai fait quelques trouvailles que je garde dans mon tiroir, mais j’ai aussi d’autres projets d’écriture qui aimeraient bien voir le jour.
Je ne sais pas encore sous quelle forme seront mes prochains écrits, mais j’aime croire qu’un troisième livre viendrait boucler la boucle d’ici quelques temps.

 

Question : Quels sont les autres projets artistiques en cours ?

Katia-Anne : J’ai plusieurs petites ébauches, mais rien de réellement développées. J’ai en tête, depuis quelques années, un scénario de film inspiré d’un rêve que j’ai fait et qui je crois, mériterait d’être poussé un peu plus loin. J’ai toujours plusieurs paroles de chansons en poche qui souhaiteraient faire un retour dans le monde musical (j’ai déjà eu l’opportunité d’écrire une chanson pour Bruno Pelletier et une dizaine d’autres pour plusieurs artistes québécois). J’ai un autre bébé en route qui défriserait davantage l’audience, mais tout cela reste des aventures à scénariser à plus long terme. J’aime l’idée d’emmagasiner plusieurs rêves et de laisser à la vie
le moment le plus opportun pour les mettre à terme.

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Mlle Veilleux nous vous remercions pour votre candeur, vos confidences et votre ouverture d'esprit, nous vous souhaitons un franc succès. Merci encore d'avoir été des nôtres.

Katia-Anne : Mon plaisir !

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